Un commentaire sur le mensonge éhonté de l’apartheid

David Parsons
Vice-président et porte-parole principal de l’Ambassade Chrétienne Internationale de Jérusalem 
Publié le 4 février 2022

Le ministère israélien des Affaires étrangères a diffusé un rapport avertissant que 2022 serait probablement l’année où Israël se verrait officiellement attribuer l’étiquette d' »État d’apartheid ». Malheureusement, cette prévision semble prémonitoire, car Amnesty International a publié cette semaine une étude qui conclut qu’Israël maintient effectivement un système d’apartheid pour gouverner et supprimer les « Palestiniens » des deux côtés de la ligne verte d’avant 1967. Le rapport d’Amnesty a déclenché une tempête de critiques très valables de la part d’Israël et de ses alliés dans le monde entier. Mais les grands juges autoproclamés du mouvement des droits de l’homme, les médias grand public incompétents et les Nations unies corrompues font tous leur part pour désigner injustement le seul État juif à un examen minutieux sans précédent et à une condamnation injuste en tant que « régime d’apartheid » dans ce qui équivaut collectivement à une Inquisition moderne contre Israël.

Ce qui a rendu l’accusation d' »apartheid » beaucoup plus grave, c’est que la communauté internationale l’a redéfini il y a quatre ans comme un crime, ce qui signifie qu’il doit être traité de la même manière qu’un crime de guerre ou un crime contre l’humanité.

Lorsque ce changement juridique est intervenu, Amnesty a immédiatement chargé une équipe de recherche de commencer à enquêter sur Israël pour le crime d’apartheid. Le résultat est le nouveau rapport de 278 pages intitulé « L’apartheid israélien contre les Palestiniens : Système cruel de domination et crime contre l’humanité », qui prétend « montrer que les autorités israéliennes imposent un système de domination et d’oppression contre le peuple palestinien en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés (TPO), et contre les réfugiés palestiniens. Les lois, les politiques et les pratiques institutionnelles visent toutes à expulser, fragmenter et déposséder les Palestiniens de leurs terres et de leurs biens, et à priver les Palestiniens de leurs droits humains. Nous concluons que ce traitement équivaut à un régime institutionnalisé d’oppression et de domination, défini comme un apartheid par le droit international. »

Par où commencer pour répondre à ce radotage moralisateur ?

Parmi les défauts les plus flagrants, Amnesty identifie tous les Arabes d’Israël et des zones sous contrôle palestinien comme des « Palestiniens », puis affirme qu’Israël pratique l’apartheid à leur encontre.

Amnesty prétend également qu’Israël est né dans le péché parce qu’il a été créé en 1948 pour être un « État juif », et qu’il a imposé des mesures depuis lors pour maintenir cette majorité juive. Cette affirmation ignore totalement le fait que les Nations Unies elles-mêmes ont approuvé un plan de partage visant à créer un État à majorité juive et un État à majorité arabe côte à côte dans la zone de la Palestine mandataire libérée par les Britanniques à l’époque.

De nombreux détracteurs du rapport ont accusé Amnesty d' »antisémitisme » en niant effectivement le droit des Juifs à avoir leur propre État. Amnesty a répondu qu’elle soutenait ce droit en théorie, mais qu’elle cherchait ensuite à criminaliser toute tentative d’Israël de maintenir sa majorité juive – ce que font de nombreux autres États afin de préserver leur propre identité nationale ethnique.

Une réponse vigoureuse au rapport d’Amnesty est venue de Yoseph Haddad, un Arabe israélien chrétien de Nazareth qui s’est porté volontaire pour servir dans l’armée israélienne, a été blessé pendant la Seconde Guerre du Liban en 2006, et est aujourd’hui journaliste à i24 News et défenseur de la coexistence entre Juifs et Arabes. Dans un article paru dans le Jerusalem Post, M. Haddad s’est demandé pourquoi Amnesty le priverait, lui et les autres Arabes israéliens, de leur identité israélienne en les définissant tous comme des « Palestiniens ». Il a cité plusieurs enquêtes d’opinion récentes qui montrent que la grande majorité des Arabes israéliens sont satisfaits et même très satisfaits de leur statut de citoyens égaux dans la démocratie israélienne et préfèrent vivre ici plutôt que dans n’importe quel autre pays.

« Je suis né israélien et je resterai israélien », a insisté Haddad. « J’ai les mêmes droits que n’importe quel citoyen d’Israël. J’étais un soldat des forces de défense israéliennes protégeant le nord d’Israël, où vit la majeure partie de la communauté israélo-arabe, des attaques terroristes aux roquettes du Hezbollah… Non seulement cela, mais j’étais aussi le commandant de dizaines de soldats juifs. Quel genre d' »apartheid » laisserait des Arabes donner des ordres à des Juifs ? Le genre inexistant »

« Quant aux Palestiniens, le statu quo de l’occupation est problématique, mais il n’est pas fondé sur la discrimination raciale, mais plutôt sur un conflit national », a ajouté M. Haddad. « Un conflit auquel Israël a prouvé qu’il souhaitait mettre fin à plusieurs reprises en proposant des solutions de paix généreuses, avant que les Palestiniens ne les rejettent. Si Israël a un problème racial avec les Arabes, pourquoi avons-nous alors fait la paix avec le Maroc, les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Jordanie et le Bahreïn ? Pourquoi alors tant d’Arabes font-ils partie du gouvernement israélien, prenant des décisions qui ont un impact sur chaque Israélien ?

D’autres évaluations de l’étude d’Amnesty ont déterminé qu’elle:

  1. déforme ou ignore le contexte historique entourant la fondation d’Israël, y compris non seulement la résolution 181 de l’ONU (le plan de partage), mais aussi l’invasion arabe de l’État d’Israël naissant qui a suivi, l’expulsion par le monde arabe de plus de 800 000 Juifs de leur milieu et la situation désespérée de 250 000 réfugiés de la Shoah coincés dans des camps de déplacés en Europe à l’époque.
  2. Déforme ou ignore l’égalité des droits dont jouissent les citoyens arabes d’Israël.
  3. Cite les préoccupations démographiques d’Israël concernant la perte de sa majorité juive, mais ignore les préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité, en particulier en ce qui concerne ses mesures de défense contre la menace constante du terrorisme palestinien.
  4. Implique des chercheurs partiaux employés par Amnesty pour mener l’étude, dont beaucoup ont déjà fait preuve de préjugés contre les Juifs et Israël, par exemple en servant de « boucliers humains » contre les IDF, en soutenant BDS, ou en exprimant leur espoir de voir Israël disparaître.

Il est également difficile d’écarter l’idée que ce rapport puisse avoir un aspect pécuniaire. La plupart des groupes de défense des droits de l’homme se concentrent de plus en plus sur la critique des démocraties occidentales parce qu’elles sont des « cibles faciles » et que cela trouve un écho auprès de leurs donateurs. Amnesty est clairement coupable de cela – il suffit de cliquer sur le lien vers leur rapport en ligne Israël=Apartheid pour voir apparaître une boîte de dons. Je trouve cela choquant lorsque vous portez la grave accusation qu’une nation entière est une entreprise criminelle qui doit être démantelée !

Les grands médias n’ont pas fait grand-chose jusqu’à présent pour examiner Amnesty, ses motifs, ses méthodes et ses chercheurs. Mais félicitations au Times of Israel pour avoir confronté les dirigeants d’Amnesty qui se sont rendus à Jérusalem pour une conférence de presse cette semaine afin de dévoiler leur rapport sur Israël. Dans une interview séparée qui a suivi, l’équipe d’Amnesty a eu du mal à expliquer pourquoi elle a choisi d’enquêter d’abord sur Israël après que l’apartheid a été déclaré crime de guerre international en 2017. Bien sûr, ils enquêtent également sur le Myanmar pour sa discrimination et sa répression flagrantes des Rohingyas, mais qu’en est-il de la Chine et de son traitement cruel des Ouïghours ou des Tibétains, ou de la Turquie et des Kurdes ? Ce sont des cas ouverts et fermés…

Leur réponse est qu’ils donnent la priorité aux pays où ils ont un accès plus facile à l’information et une plus grande possibilité d’effectuer des changements. En d’autres termes, la Chine et la Turquie sont des régimes autoritaires fermés qui bénéficient d’un laissezpasser, alors qu’Israël est une société ouverte et qu’Amnesty a déjà eu des contacts avec des centaines de militants locaux des droits de l’homme et de groupes anti-israéliens qui sont bien financés par les gouvernements européens et d’autres sources extérieures. Une fois le rapport terminé, il s’agira d’une bûche de plus pour alimenter le feu qui fait déjà rage autour d’Israël et qui tente de raser ses raisons d’être.

N’oubliez pas que ce rapport est publié alors que pas moins de trois instances des Nations Unies mènent actuellement leurs propres enquêtes pour accuser Israël d' »apartheid » et d’autres crimes de guerre éventuels. Il s’agit notamment :

  1. De la Cour Pénale Internationale de La Haye, qui, sous la direction de l’ancienne procureure en chef Fatou Bensouda, a ouvert une enquête pénale formelle sur les actions d’Israël pendant et après le conflit de 2014 à Gaza.
  2. Du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, qui a lancé une commission d’enquête permanente contre Israël après la guerre des roquettes à Gaza en mai dernier et dont le mandat est illimité pour enquêter sur toutes les violations des droits de l’homme commises par Israël contre les Palestiniens.
  3. Du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme examine une plainte contre Israël déposée par l’Autorité palestinienne en 2018, qui comprend des accusations d' »apartheid ».

Dans l’ensemble, la machinerie gauchiste du mouvement des droits de l’homme, les médias désespérément inefficaces et biaisés, la « Société de la Terre plate » sans cervelle des Nations Unies et tant d’autres se sont unis pour lancer une Inquisition moderne contre le seul État juif du monde, et le crime d' »apartheid » est la nouvelle façon à la mode d’accomplir leur objectif d’éliminer Israël. Il ne fait aucun doute que la percée diplomatique d’Israël dans le monde arabe par le biais des accords d’Abraham a stupéfié l’Autorité palestinienne et son réseau mondial de partisans, et ils redoublent d’efforts pour intensifier la campagne d’apartheid contre Israël. Les fonctionnaires bien-pensants d’Amnesty International qui se sont présentés à Jérusalem cette semaine pour présenter leurs accusations contre l’État et le peuple juifs ne portaient peut-être pas de robes écarlates et de grandes mitres, mais ils auraient dû le faire !


Déclaration officielle de l’ambassade d’Israël à Berne

Rapport d’Amnesty International UK – Position d’Israël